Crânes des reptiliens humanoïdes : juste un problème d’échelle

Certains ont évoqué l’hypothèse que les têtes « momifiées » trouvées à Nasca au Pérou par des pilleurs de tombes étaient fabriquées avec des crânes de chats… Ou de chiens.

L’imprécision, chat ou chien, est déjà quelque peu suspecte. En effet, la morphologie de ces deux espèces est tout de même relativement différente (Fig. 1 et 2).

Crâne de chat.

Figure 1 : Crâne de chat.

Crâne de chien.

Figure 2 : Crâne de chien.

Le chat géant du Pérou

Prenons le crâne d’un chat. On aurait donc utilisé la partie postérieure du crâne qui aurait ensuite été retournée, l’arrière devenant la face avant de la tête. Outre le fait que l’on n’observe aucune trace de manipulation, pas de coupure, pas d’incision, pas de « rebouchage », il y a une incohérence flagrante dans cette brillante démonstration eu égard à la notion d’échelle et de taille.

Un crâne de chat mesure environ 10 cm dans sa plus grande longueur (Fig. 3). On n’en utilise qu’une partie, la partie arrière, soit une longueur d’environ 6 cm. Or les crânes « momifiés» mesurent au minimum 13 à 14 cm (Fig. 4). Soit plus du double de la partie « taillée » dans le crâne de chat. Ce ne serait plus un chat mais une panthère… Ou une espèce endémique : le chat géant du désert de Nasca ?

En rouge, partie supposée taillée dans un crâne de chat.

Figure 3 : en rouge, partie supposée taillée dans un crâne de chat.

Crâne « momifié », supposément extrait du crâne de chat.

Figure 4 : crâne « momifié », supposément extrait du crâne de chat.

Ou un chien ?

Prenons maintenant un crâne de chien. La diversité dans cette espèce est plus grande que dans celle des chats. Raisonnons à l’envers. On extrait donc la partie arrière du crâne qui, une fois retournée avant/arrière deviendrait alors le crâne d’une des entités et mesurerait donc 13/14 cm (Fig. 5). Sur la photo du crâne du chien, on voit que cette partie arrière représente environ la moitié de la longueur totale du crâne. Cela voudrait donc dire que le crâne entier mesurerait environ 25 cm.

En rouge, partie supposée taillée dans un crâne de chien.

Figure 5 : en rouge, partie supposée taillée dans un crâne de chien.

Là c’est tout à fait plausible quant à l’échelle et aux dimensions. Sauf que :

  • il faut « reboucher » toute la « partie inférieure », en rouge ( Fig. 6) ; pas de trace de matériaux autre que biologique,
  • idem pour la partie arrière de ce nouveau crâne, en bleu,
  • il faut creuser les orbites qui simuleraient l’emplacement des yeux, en jaune ; pas de traces d’ « usinage »,

Représentation des parties du crâne de chien à « modifier ».

Figure 6 : représentation des parties du crâne de chien à « modifier ».

  • il faudrait reboucher le trou occipital d’origine (en vert) et en creuser un autre (violet), de forme carrée, plus au centre (Fig. 7, 8 et 9)…

Crâne de chien. En vert le trou occipital qu’il faudrait « reboucher ». En violet, le trou occipital qu’il faudrait creuser.

Figure 7 : crâne de chien. En vert le trou occipital qu’il faudrait « reboucher ». En violet, le trou occipital qu’il faudrait creuser.

Crâne « momifié ». En vert, le trou occipital original qu’il faudrait reboucher. En violet, le nouveau trou occipital qu’il faudrait creuser.

Figure 8 : crâne « momifié ». En vert, le trou occipital original qu’il faudrait reboucher. En violet, le nouveau trou occipital qu’il faudrait creuser.

Superposition d’un crâne « momifié » et d’un crâne de chien.

Figure 9 : superposition d’un crâne « momifié » et d’un crâne de chien.

Cette hypothèse est donc aussi peu probable sauf à recourir à des techniques très avancées qui :

  • seraient remarquables eu égard à l’âge de ces objets dans le cas d’une fraude ancienne (les premières analyses C14 donnent 1 100 ans d’âge),
  • seraient tout aussi remarquables dans le cas d’une fraude contemporaine de la part de pilleurs de trésors qui auraient alors raté leur vocation.

Conclusion

Nous avons démontré qu’il ne pouvait en aucun cas s’agir d’un montage réalisé à partir de crânes de chats ou de chiens. Cette hypothèse n’est qu’un tour de magie pour maintenir le bon peuple dans son monde merveilleux. Si l’on ne tient pas compte des différences de taille ou de forme tout est possible et la tour Eiffel peut tenir dans les mains d’un enfant (Fig. 10). Mais le rêve ne tient pas devant les lois rigoureuses de la réalité. Les crânes de Nazca n’ont rien des crânes canins ou félins.

La Tour Eiffel dans la paume de la main.

Figure 10 : la Tour Eiffel dans la paume de la main.

Ceci étant, on peut encore tenter d’opposer la possibilité que des crânes de chiens ou de félins pourraient à diverses étapes de leur développement et selon leur race atteindre une dimension approximativement égale à celle des crânes de Nazca. Mais ils auraient alors l’obligation d’avoir été usinés pour obtenir un organe identique aux crânes de Nazca. Certains os auraient alors été rabotés ou découpés et de la matière aurait été ajoutée à certains endroits. Malheureusement les radios et les scanners démontrent tout le contraire et confirment l’intégrité des crânes (Fig. 11).

Bien entendu, cette intégrité serait encore possible à imiter avec des technologies de pointe très avancées par les spécialistes peu nombreux qui les emploient. Mais ces techniques sont bien hors de portée de simples pilleurs de tombes. Nous pouvons donc conclure en disant qu’aucune trace de fraude mettant en question l’intégrité des crânes n’a été ni découverte, ni démontrée jusqu’à présent.

Les crânes sont donc officiellement à considérer comme authentiques et leur origine demeure inconnue.

Alain Bonnet – Relecture / Corrections : Thierry Jamin – Michel Ribardière
Photos : Instituto Inkari Cusco/Jungle Doc Productions – Adobe Stock

© Instituto Inkari Cusco – 04/2018

Scanner de l’arrière à l’avant d’une tête « momifiée ».

Figure 11 : scanner de l’arrière à l’avant d’une tête « momifiée ».

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